Engagements Européens, Tous les articles.

Chevalier dans l’ordre national du Mérite : mon discours du 26 juin 2025.

Madame la Première ministre,
Mesdames, Messieurs,

Je ne listerai pas, à nouveau, vos grades et qualités.

Sachez que votre principale qualité ce soir, c’est la joie que j’éprouve de vous voir ici rassemblés.

Si je n’ai pas pu inviter toutes celles et ceux que j’avais envie d’avoir auprès de moi, je n’ai invité que des gens que j’avais envie d’avoir auprès de moi.

Pour ce moment important et émouvant, comme vous pouvez l’imaginer.

Mais je dois vous faire une confidence : dans mes différentes fonctions en tant que collaborateur parlementaire, mon cher Marc, ou en tant qu’élu, j’ai eu à écrire un grand nombre de dossiers de demande de médaille.

Et je m’étais dit que je n’accepterais jamais de médaille qui viendrait souligner mon engagement en tant qu’élu.

Parce que je pense que nous, les élus, nous avons une immense chance. Celle d’avoir été choisis par les électeurs, par nos concitoyens, par notre communauté.

Une confiance renouvelée – ou pas – tous les six ans, et c’est cela la plus belle récompense.

Alors je dois vous dire que j’étais un peu gêné lorsque j’ai appris cette nomination au grade de Chevalier dans l’ordre national du Mérite alors que je ne savais pas que la demande en avait été faite.

Et puis j’ai décidé d’accepter cette médaille.

J’ai décidé de l’accepter parce que cette nomination, par le président de la République, a été faite sur proposition du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle vient donc souligner mon engagement au service des questions européennes.

Et c’est un engagement volontaire, supplémentaire, à mes mandats d’élu.

Un engagement supplémentaire qui crée aussi des contraintes supplémentaires pour moi mais surtout pour ma famille en termes de déplacements et d’absences. Car quand je suis à Bruxelles, à Bucarest ou à Kyiv, je ne suis pas à Plœuc-l’Hermitage, je ne suis pas avec ma famille.

Et donc, j’ai pensé, très modestement, que je pouvais l’accepter.

Cet engagement européen, il est pour moi chevillé au corps. Et c’est un héritage précieux de ma grand-mère maternelle, Hélène. Fille de petits paysans dans l’Allier, résistante à 16 ans, elle ouvrait le matin en vélo le chemin aux parachutistes anglais ayant atterri en zone occupée pour leur ouvrir la route et leur permettre de passer la ligne de démarcation.

Elle qui a rencontré mon grand-père à un bal caritatif en faveur des prisonniers de guerre, qui fut veuve à 36 ans, qui permit à ses deux filles d’être diplômées de médecine.

Elle était une fervente défenseure de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne. Ceux qui l’ont connue savent que c’est, sans aucun doute, elle qui est la plus fière ce soir.

Madame la Première ministre,

C’est un grand honneur pour la commune de Plœuc-l’Hermitage de vous accueillir aujourd’hui, pour une après-midi complète.

Vous vous êtes rendue à la Côte des Halles pour une visite improvisée au déjeuner d’été du Club de l’Âge d’Or pour saluer nos aînés.

Vous vous êtes ensuite rendue à l’école des Lutins à l’Hermitage-Lorge pour une longue séquence avec les élèves et la communauté pédagogique.

L’école des Lutins est une fierté pour notre équipe municipale. Elle est le symbole de notre commune nouvelle. Le rapprochement et la mutualisation, oui. Mais la concentration, non !

C’est pour cela que nous avons souhaité, avec Thierry Gouyette, maire délégué, et Françoise Le Fur, sa prédécesseure, garder à l’Hermitage-Lorge une mairie annexe rénovée et y construire une nouvelle école.

Cet après-midi, vous avez assisté à un module de sensibilisation, à destination des scolaires, autour du bien manger, par l’équipe du Patat’As, le centre européen de valorisation de la pomme de terre, car on ne peut pas passer à Plœuc-l’Hermitage sans parler … de pommes de terre !

Vous avez ensuite animé une réunion avec une délégation de maires ruraux du département, en mairie, avant cette cérémonie.

Que chacun mesure bien, à cet instant, la chance que nous avons de bénéficier ainsi de l’attention de la ministre de l’Éducation nationale, ministre d’État, ancienne Première ministre de la France.

Car si Plœuc-l’Hermitage est évidemment la plus belle commune de France, il y en a tout de même 34 954 autres…

Madame la Première ministre, Plœuc-l’Hermitage est une commune dynamique.

Nous avons

  • cinq écoles et deux collèges,
  • une gendarmerie (propriété de la mairie récemment rénovée avec le soutien de l’État), je salue les gendarmes,
  • un centre d’incendie et de secours, je salue les pompiers,
  • un pôle de proximité de l’agglomération, je salue mes collègues élus
  • une Maison France Service,
  • un collectif de santé dynamique,
  • un collectif des chefs d’entreprise qui vient de se créer.

Et même ! … un bureau de délivrance des titres d’identité.

Nous avons même eu six bureaux à l’été 2023, sous votre primature.

En effet, Plœuc-l’Hermitage était l’un des trois titrodromes de Bretagne, ces lieux chargés de désengorger les demandes en pièces d’identité et passeports.

Un des trois titrodromes bretons avec Cesson-Sévigné et Brest … excusez du peu !

Nous avons d’ailleurs, à cette occasion, inventé le concept de « tourisme administratif », selon les mots de votre prédécesseur, Monsieur le Préfet.

Puisque nous recevions 1000 personnes par semaine qui découvraient à cette occasion les richesses de notre commune … et les bonnes adresses !

Nous pouvons parler d’une ruralité heureuse, dynamique et qui va de l’avant !

Et Madame la Première ministre, à Plœuc-l’Hermitage, nous savons ce que nous vous devons.

En effet, c’est grâce à vous, à votre réforme des zones de revitalisation rurale, les ZRR, devenues France Ruralité Revitalisation, sur la proposition de mon amie Dominique Faure, alors ministre déléguée en charge des ruralités, que le zonage a été modifié et que Plœuc-l’Hermitage a intégré le dispositif.

Cela nous a permis une bonification des dotations d’État pour notre commune, mais aussi des avantages fiscaux et sociaux pour les entreprises, artisans et professions libérales. Avec un effet immédiat : l’installation d’un nouveau médecin et plusieurs contacts en cours.

D’ailleurs, la première fois que nous nous sommes vus, je m’en souviens parfaitement – vous sans doute moins – c’était le 15 juin 2023, dans la Nièvre, pour la présentation du nouveau dispositif France Ruralité Revitalisation.

J’y étais invité en ma qualité de président de Leader France, la fédération nationale des territoires ruraux, que je préside.

Et j’avais alors découvert, Mesdames et Messieurs, et apprécié une personnalité qui est un subtil équilibre entre la préfète de région – sa hauteur de vue, sa maîtrise des dossiers, sa rigueur – et la députée d’une circonscription rurale du Calvados nommée Première ministre.

Je me souviens aussi de ce triste 15 juillet 2023, au matin. Nous avions découvert le site de la Butte Rouge profané. Ce site, à l’Hermitage-Lorge, où ont été assassinés 55 résistants par la Gestapo en juillet 1944. La stèle, les tombes étaient recouvertes d’inscriptions et de slogans nazis et antisémites.

Avec Catherine Le Chêne et Élisabeth Conan, les co-présidentes de l’association pour la mémoire de la Butte Rouge, et Thierry Gouyette, nous étions encore sous le choc lorsque vous m’avez appelé pour nous assurer, toutes et tous, de votre soutien et de la mobilisation de la gendarmerie pour tenter de retrouver les auteurs de ces actes odieux.

Vous aviez ensuite fait déposer en votre nom, par Monsieur le préfet, une gerbe lors de la cérémonie marquant la remise en état du site.

Je sais que les atrocités du régime nazi ont un triste écho dans votre cœur, et je tenais à vous remercier à nouveau, Madame la Première ministre, d’avoir été à nos côtés dans cette épreuve.


Pour en revenir à mon parcours,

J’ai commencé, tout juste diplômé, comme directeur de cabinet du maire de Plérin.

Et je me suis présenté pour la première fois à une élection, peu s’en souviennent, lors des élections européennes de 2004. J’étais le benjamin de la liste de Roselyne Bachelot et benjamin national, tout juste âgé de 23 ans, âge minimum pour se présenter aux élections européennes à l’époque.

Je garde un fabuleux souvenir de cette campagne auprès de Roselyne Bachelot. Mon statut de benjamin faisait qu’elle m’emmenait partout. J’ai ainsi fait de magnifiques rencontres : Alain Juppé, patron de l’UMP à l’époque, Jean-Louis Borloo, original mais tellement créatif … et le président Chirac un dimanche soir de juin dans les jardins du palais de l’Élysée.

Mais j’ai vraiment commencé à travailler les questions européennes en 2008, lorsque Marc Le Fur m’a recruté pour gérer le programme Leader, programme européen de développement rural, des cantons de Quintin, Plœuc-sur-Lié et Moncontour.

J’ai ensuite rejoint Marc à l’Assemblée nationale, me partageant entre Paris et la circonscription jusque 2015. Sept années ô combien formatrices.

Mais j’ai une revendication, concernant un sujet que vous maîtrisez, Madame la Première ministre.

Vous connaissez Marc Le Fur et son hyperactivité : ces sept années de travail à ses côtés … devraient compter double pour la retraite !

Merci donc mon cher Marc pour ta confiance. Durant ces années, nous avons partagé de grandes joies, de grandes victoires et d’immenses peines. De celles qui créent des liens indéfectibles.

Je sais aussi, Marc, combien nous te devons pour la victoire de notre équipe aux municipales de 2014 à Plœuc-sur-Lié, dans une commune qui n’avait jamais connu l’alternance. Certains pensaient que c’était impossible, et pourtant nous l’avons fait !

Plœuc-sur-Lié était alors membre de la communauté de communes Centre Armor Puissance 4. Une communauté de communes rurales à taille humaine … que nous regrettons.

J’ai apprécié travailler avec mes collègues maires. Et je salue la présence de Joseph Le Vée qui présidait notre communauté de communes et auprès de qui j’ai beaucoup appris également.

J’aime travailler en binôme : en 2014, j’ai annoncé ma candidature à Plœuc-sur-Lié avec Marie-Pierre Rault, qui deviendra première adjointe, et en 2015 je me suis présenté aux élections cantonales avec Delphine Martin.

Après notre victoire, j’ai été élu, par l’assemblée départementale, 1er vice-président en charge de l’administration générale des services, des ressources humaines, des solidarités territoriales … et de l’Europe, évidement.

Vous comprendrez donc pourquoi je suis attristé de voir le Conseil départemental annoncer cette semaine la fermeture du centre d’information Europe Direct que j’ai créé en 2017.

Animateur du programme Leader des cantons de Quintin, Plœuc-sur-Lié et Moncontour sous la présidence de Marc Le Fur, j’en suis devenu président en 2014. Puis j’ai pris la présidence du réseau national, Leader France, en 2015, puis du réseau européen en 2023 et 2024, qui regroupe 2 600 territoires dans 29 pays.

Je n’oublierai pas une autre personne qui a beaucoup compté dans mon modeste parcours : Agnès Le Brun, ancienne maire de Morlaix et députée au Parlement européen. C’est toi Agnès, vice-présidente de l’Association des Maires de France à l’époque, qui m’a présenté un jour à un certain François Baroin.

J’ai ainsi pu intégrer le Comité directeur de l’AMF, devenir co-président de la commission Europe et être nommé au Comité européen des régions ainsi qu’au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe.

Madame la Première Ministre,

La commune de Plœuc-l’Hermitage est une commune originale, de par la valorisation de la pomme de terre, le site de la Côte des Halles internationalement reconnu pour le VTT, mais aussi par son ouverture à l’Europe.

Nous avons, dans une commune de 4 200 habitants, un « service Europe » et de nombreuses coopérations en cours dans le cadre des programmes Interreg et Erasmus+, notamment.

Nous venons même d’obtenir 20 000 € pour notre club des ados au titre du programme Erasmus+ « Participation des jeunes » qui vont ainsi pouvoir travailler sur la citoyenneté européenne, la lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux et visiter les institutions européennes à Bruxelles.

Nous avons plusieurs communes partenaires en Pologne, République tchèque, Roumanie, Croatie, Espagne… Mais ce soir, je voudrais avoir une pensée pour nos partenaires et amis d’Ovroutch en Ukraine.

À la frontière avec la Biélorussie, ils sont survolés chaque nuit par des dizaines de drones russes en route vers Kyiv. Nombreux sont ces drones qui sont abattus par la garde territoriale, c’est-à-dire des hommes qui se relaient chaque nuit.

Après avoir accueilli une délégation d’élus et un groupe de jeunes en séjour de répit, et alors que je m’y suis rendu à deux reprises, nous espérons pouvoir renforcer notre coopération dans les mois qui viennent grâce à plusieurs dossiers que nous avons déposés auprès de l’Union européenne… et leur faire le plus bel accueil lors de La Pomme de Terre en Fête en septembre prochain.

Engagements locaux, engagements européens, je voudrais remercier toutes celles et ceux avec qui je travaille au quotidien à la mairie, à la résidence Louis Morel, à Leader France et dans les autres instances dans lesquelles je siège. C’est une chance pour moi de les avoir, espérons que ce soit réciproque.

La première qualité d’un élu, c’est de savoir s’entourer. Je pense que si j’ai une qualité, c’est celle-là, car je suis bien entouré.

Mais en Bretagne, chaque marin, pour partir loin, doit avoir un port d’attache. J’ai la chance d’avoir un port d’attache : Plœuc-l’Hermitage, mais avec deux anneaux : Plœuc-sur-Lié et l’Hermitage-Lorge.

Alors, je me suis amusé à retenir deux souvenirs pour illustrer ce propos.

Un souvenir local et un souvenir européen.

Un souvenir local ? Le 23 mars 2014, évidemment. Nous venions d’être élus avec mon équipe à Plœuc-sur-Lié… et je rencontrais la fille d’un conseiller municipal fraîchement élu, Gérard. Et avec Hélène, nous allions nous marier en 2017.

J’ajouterai le 14 septembre 2016, date du vote des conseils municipaux de Plœuc-sur-Lié et de l’Hermitage-Lorge en faveur de la création de la première commune nouvelle du département. Nous avons été innovants, ambitieux… et l’avenir, je pense, nous a donné raison.

Un souvenir européen ? C’est évidemment d’avoir accompagné le président de la République en voyage officiel en Islande, pour le sommet des chefs d’État du Conseil de l’Europe, Conseil de l’Europe au sein duquel je présidais la délégation française au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux.

Avoir côtoyé ainsi le président de la République me permet de confirmer certaines choses qu’on lit parfois dans la presse.

Oui, il aime débattre, confronter les idées jusque tard dans la nuit.
Et oui, il dort peu. Ainsi, quand nous nous sommes quittés à deux heures et demie du matin, il m’a dit : « Prépare tes baskets, on va voir les paysages demain à 5h30. » Il me restait donc trois heures pour… trouver des baskets à mettre avec mon costume-cravate et partir, avec Emmanuel Macron, dans la faille d’Almannagjá, qui sépare la plaque continentale américaine de la plaque eurasienne.

Autant vous dire que je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit-là.

Pour conclure par le plus important… je voudrais adresser un remerciement tout particulier à ma famille.

Mon cher papa, présent ce soir, qui m’a toujours suivi dans mes aventures. Mon épouse, Hélène. Pour sa patience et son soutien, chaque jour. Pour accepter les contraintes de ma vie d’élu local engagé pour les questions européennes. Et pour assumer et assurer auprès de nos enfants.

C’est elle qui mériterait d’être décorée dans l’ordre – familial – du mérite.

Et aussi parce qu’elle nous a donné mes deux plus belles médailles, Jules et Louis. Difficile de cacher que bientôt, nous aurons une médaille supplémentaire agrafée à nos deux cœurs. Merci chérie.

Et quel clin d’œil d’accueillir à Plœuc-l’Hermitage la ministre de l’Éducation… le jour où Louis a fait sa première journée complète à l’école en prévision de la rentrée de septembre.

C’est une étape importante pour un enfant… et pour ses parents !
Allez Louis, c’est parti pour 20 ans !

Nos enfants, c’est ce que nous avons de plus précieux et, finalement, que ce soit au niveau local, national ou européen… tout ce que nous faisons, nous le faisons pour eux ! Pour leur avenir.

Et aujourd’hui, dans un monde qui s’enflamme, nous avons besoin, plus que jamais, de l’Union européenne pour défendre nos valeurs de liberté, de démocratie, d’égalité entre les femmes et les hommes.

Alors, à toutes et tous : famille, amis, merci encore de votre présence ce soir.

Pour conclure, permettez-moi de faire mienne cette citation de Victor Hugo : « Ce que j’ai fait, je vous le dois. Si je suis ce que je suis, je le suis… grâce à vous. »

Je vous remercie.

Rencontre avec Emmanuel Macron

Je remercie au Président de la République pour cette invitation à déjeuner avec une douzaine d’élus locaux et régionaux à l’Élysée ce midi. Le Président nous a consacré un long moment, à l’écoute.

Emmanuel Macron voulait ainsi « Connecter les grands enjeux du monde et de l’Europe aux réalités locales et à nos concitoyens ».

Pour ma part, j’ai rappelé la nécessité de s’assurer du soutien, dans la durée, de nos concitoyens face aux grands enjeux du moment pour lesquels il a pris le leadership : aide à l’Ukraine, défense européenne, élargissement de l’Union Européenne…

Tout cela ne pourra se faire au détriment d’autres politiques européennes ou en sabrant dans nos budgets nationaux. Il faut donc de nouvelles ressources financières pour l’UE et des ressources propres comme les taxes aux frontières.

J’ai également insisté sur le fait que nous devons multiplier les coopérations entre collectivités françaises et ukrainiennes pour leur apporter un soutien politique, une aide d’urgence mais aussi bâtir avec elles de vraies coopérations durables pour préparer la reconstruction et renforcer les liens économiques, sociaux et culturels entre nos pays.

La coopération décentralisée est aussi un moyen d’accompagner l’Ukraine sur le chemin de l’adhésion à l’UE.

Le Président, après avoir rappelé le « changement d’ordre international » a livré son analyse « nous entrons dans une décennie de transitions avec des investissements massifs à venir dans la défense, l’Intelligence Artificielle, la lutte contre le dérèglement climatique … ». Pour cela, il faut une Europe plus forte, plus unie et plus innovante. Il appelle ainsi à un « réveil stratégique européen » face à un allié américain … moins sûr.

La conversation s’est prolongée autour des enjeux nationaux et des problématiques des collectivités locales : application des nouvelles règles d’urbanisme, suradministration, santé dans les territoires, relations Maires-Préfet, la nécessité de plus de décentralisation …

Aussi, le Président de la République souhaite construire un « réseau des bonnes volontés » pour pousser à l’action et faire des deux prochaines années des années utiles.

Il faudra, pour cela et selon ses mots que je partage totalement, de l’audace et la force d’assumer à la fois les ambitions mais aussi la modération dans un paysage politique qui se polarise entre l’extrême gauche et l’extrême droite.

Comité européen des Régions : mon premier avis adopté à l’unanimité. 

Accès à l’Avis Leader adopté

Je suis très honoré d’avoir été reconduit comme membre titulaire au Comité Européen des Régions pour le mandat 2025-2029. 

Je remercie David Lisnard, Président de l’Association des Maires de France, d’avoir proposé au Premier Ministre que mon nom soit soumis au Conseil, qui l’a accepté. 
 
Le Comité européen des régions est l’assemblée des élus locaux et régionaux de l’Union européenne. Il est le porte-parole des collectivités territoriales auprès de la Commission, du Conseil et du Parlement européen, auxquels il adresse des avis. 

La consultation est obligatoire dans tous les domaines qui concernent les collectivités locales et régionales. Le Comité Européen des Régions peut également produire des avis d’initiative. 

Cette assemblée d’élus locaux est donc pleinement partie-prenante dans l’élaboration de la législation européenne. 
 
La délégation française est composée de 24 membres titulaires (12 au titre des régions, 6 pour les départements et 6 pour les communes) et autant de membres suppléants. 
 
Je continuerai à m’investir, comme depuis 5 ans, pour défendre la place des territoires ruraux, des communes et des petites villes dans les politiques européennes mais aussi sur les questions de voisinage, notamment dans nos travaux avec l’Ukraine.

Jeudi 20 février, lors de sa première séance plénière, le Comité européen a adopté son premier avis du mandat 2025-2029. Il s’agissait de mon avis d’initiative sur le développement rural. Avis adopté à l’unanimité !

Cet avis souligne le succès de Leader depuis 30 ans et, plus largement, du Développement Local par les Locaux, étendu depuis à d’autres fonds comme le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture ou le Fonds Social Européen.

Il rappelle le rôle essentiel des Groupes d’Action Locale qui permettent de réunir les acteurs publics et privés d’un territoire autour d’une ambition partagée et d’une Stratégie Locale de Développement co-construite. 

Ce rapport a pour objectif de donner plus de moyens financiers aux territoires ruraux pour financer leur stratégie de développement grâce à un multifonds obligatoire et à une part minimum de chaque fond dédié au Développement Local par les Acteurs Locaux. 

Il propose également des mesures de simplification avec un fond chef de file dont les règles de gestion sont utilisées pour tous les autres fonds mais aussi une simplification de la procédure pour les « petits projets ». 

Enfin, il appelle à un contrat de confiance entre l’Union Européenne, les Autorités de gestion, les Groupes d’Action Locale et les porteurs de projet pour une plus grande fluidité et une rationalisation des contrôles, sans pour autant renoncer aux obligations de transparence et de bonne utilisation des fonds européens. 

20 February 2025, 164th Plenary Session of the European Committee of the Regions Belgium – Brussels – February 2025 © European Union / John Thys
20 February 2025, 164th Plenary Session of the European Committee of the Regions Belgium – Brussels – February 2025 © European Union / John Thys
20 February 2025, 164th Plenary Session of the European Committee of the Regions Belgium – Brussels – February 2025 © European Union / Claudio Centoze
20 February 2025, 164th Plenary Session of the European Committee of the Regions Belgium – Brussels – February 2025 © European Union / John Thys

Fin de la Présidence du réseau ELARD

Ma présidence du réseau européen des programmes Leader, ELARD (European Leader Association for Rural Development) s’est achevée le 31 décembre dernier.

L’Assemblée Générale élective de notre réseau s’est tenue à Bruxelles début décembre. Je suis très heureux que Piotr Sladocha, président du réseau polonais, ait été élu pour me succéder.

Pour un amoureux de la Pologne comme moi, c’est un plaisir de passer le flambeau au réseau polonais !

Powodzenia i sukcesów ! Niech żyje Leader i ELARD !

Ce fut un honneur pour moi de présider notre Fédération pendant deux ans, en m’appuyant sur le travail des présidences précédentes, particulièrement la présidence suédoise.

Sous présidence française, plus que jamais, ELARD est devenu un interlocuteur incontournable des décideurs européens concernant la mise en œuvre des politiques européennes en faveur des zones rurales.

Durant ces deux années, nous avons été force de proposition pour le démarrage de cette nouvelle période de programmation, et nous avons multiplié les propositions en faveur d’une politique de développement rural simplifiée et ancrée localement.

Un grand merci au Conseil d’Administration pour son implication, à Marie Permingeat et Aude Bourgeois, mes précieuses collaboratrices, qui ont fait un travail remarquable et à l’équipe de Leader France, qui a apporté un soutien non négligeable !

De retour d’Ukraine.

Jour 1 à Kyiv :

Accompagné de l’association ALDA – European Association for Local Democracy et de l’ONG Stand With Ukraine, rencontres avec :

La délégation de l’Union Européenne en Ukraine pour évoquer les programmes de soutien aux collectivités locales mais aussi aux organisations de la société civile et faire un point sur le chemin de l’Ukraine vers l’adhésion à l’UE.

Alyona Shkrum (photo) Vice-ministre en charge, notamment, de la coopération internationale et de l’intégration européenne pour travailler à renforcer les coopérations entre collectivités françaises et ukrainiennes et à l’expérimentation du programme européen de développement rural Leader en Ukraine proposé par @leader_france.

Iryna Ozymok, pour International Mayors Summit, Romain Desthieux, Directeur Ukraine de Business France, Aurélien MAS d’Expertise France …

Des échanges riches et de belles perspectives pour les actions 2025 !

Jours 2 et 3 : journées intenses à Ovroutch. Avec :

La signature d’un accord de coopération entre la ville d’Ovroutch et Saint-Brieuc Armor-Agglomération pour sceller notre amitié et tracer nos priorités de travail en commun ainsi qu’une lettre d’intention pour la création d’une Agence Locale de la Démocratie sous l’égide de ALDA.

La réception de 39 ordinateurs financés par Saint-Brieuc Armor Agglomération et les communes de Le Foeil, Yffiniac, Trémuson, Trégueux, Quintin, Saint-Carreuc, Plœuc-L’Hermitage, Saint-Julien, La Méaugon, Plérin, Hillion, Plaintel, Saint-Gildas, Saint-Bihy pour les étudiants qui ont cours à distance.

Puis, la visite de nombreux projets :

La nouvelle école élémentaire reconstruite après les bombardements du 24 février 2022 avec le soutien de l’Estonie

L’espace de rencontres et d’activités pour les jeunes.

Le centre médical avec une unité de soutien psychologique aux habitants ayant eu leur maison bombardée ou ayant perdu un ou des proches au front.

Un projet de centre de réhabilitation physique pour les vétérans…

Et beaucoup d’amitiés, d’émotion et d’espoir dans l’avenir pour une Ukraine en paix et membre de l’Union Européenne.

Ovroutch est une ville de 15 000 habitants, 45 000 dans l’ensemble de la communauté composée de 90 villages. Située à la frontière avec la Biélorussie, elle a été bombardée dès le premier jour de la guerre et traversée par les troupes russes qui se dirigeaient vers Kiev.

Ovroutch coopère avec Saint-Brieuc Armor Agglomération depuis deux ans grâce à la mise en relation par l’ONG Stand With Ukraine.

Jours 4 et 5 : merveilleux jours passés à Poltava au centre du pays.

Une ville riche de son histoire et de son patrimoine.

Si elle a été bombardée au début de l’agression russe et continue parfois d’être la cible des missiles, la vie y a retrouvé une certaine forme de quiétude. Poltava est ainsi le lieu d’émouvantes retrouvailles entre les soldats en permission et leurs familles.

Merci à ma collègue, Kateryna Yamshchykova, pour son accueil et la présentation passionnée de sa ville.

Elle-même ancienne militaire, revenue du front pour se présenter à l’élection de Maire suite à la révocation de son prédécesseur.

Une soignante courageuse, une femme d’exception, une Maire dynamique, … un concentré d’Ukraine !

Slava Oukraïni ! Heroiam slava !

Congrès européen des programmes Leader à Poitiers.

Le deuxième congrès européen des programmes Leader à Poitiers a réuni 450 participants de 29 pays. Au programme : des séances plénières, la remise des prix Leader, de nombreux ateliers, une foire à la coopération, du réseautage… Un beau succès à quelques mois de la fin de la présidence française de notre réseau ELARD (European Leader Association for Rural Developmnt).

En savoir plus : European LEADER Congress 2024

Réélu à la Présidence de Leader France.

Je suis très heureux d’avoir été réélu, Président de Leader France, fédération nationale des territoires engagés dans le programme européen de développement rural Leader, pour un quatrième mandat de trois ans. 

Notre Assemblée Générale, avec une forte participation, a eu lieu au Futuroscope de Poitiers. 

Merci à la l’équipe du conseil d’administration qui m’entoure : des membres sortants et de nombreux nouveaux. 

Continuons à défendre Leader et le déploiement le plus efficace du programme dans les régions françaises d’hexagone et d’outre-mer. 

Et continuons à œuvrer pour défendre la place des ruralités dans les politiques communautaires … et la place de l’Union Européenne dans les territoires ruraux !

Les défis de l’alimentation de demain.

Mardi soir a eu lieu à Plœuc-l’Hermitage une table ronde sur « Les défis de l’alimentation de demain » organisée par Patat’AS – La Maison de toutes les Pommes de Terre et Leader France dans le cadre du projet CAPITAL qui capitalise les bonnes pratiques en termes de circuits courts et de produits locaux en France et en Europe. Projet financé par l’Union Européenne grâce aux Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER).

Pour en savoir plus : https://www.letelegramme.fr/cotes-d-armor/ploeuc-l-hermitage-22150/les-defis-de-lalimentation-de-demain-une-table-ronde-sans-precedent-a-ploeuc-lhermitage-6655324.php

Europe du quotidien : voilà, c’est fini.

Comme tous les cinq ans, nos dirigeants ont semblé redécouvrir la situation des zones rurales à l’approche des élections européennes. Soudainement, et pendant deux mois, politiques et journalistes se sont précipités pour parler de « l’Europe du quotidien », « l’Europe des territoires », « l’Europe du concret », multipliant visites et reportages. Mais cette effervescence médiatique ne fait que souligner une réalité amère : pendant le reste du mandat européen, plus personne ne s’y intéresse.

Et pourtant ! Le constat est accablant : les Français, et en particulier les habitants des zones rurales, se sentent abandonnés par une Europe qu’ils ne perçoivent pas au quotidien, mais qui est pourtant bien là ! Leurs préoccupations et leurs besoins spécifiques semblent ignorés pendant cinq longues années, jusqu’à ce que les élections approchent à nouveau. Ils se sont exprimés, dans ce sens, et très clairement ce dimanche dans les urnes.

Cette Europe des territoires, cette Europe du quotidien, ne peut pas se réduire à une campagne médiatique de deux mois tous les cinq ans. Pour qu’elle soit réellement accessible et compréhensible, il faut une action continue et soutenue. Une meilleure gestion des fonds européens, des programmes de coopération et de mobilités, doit être une priorité pour la France tout au long du mandat, et non à la veille des élections seulement.

Les habitants des zones rurales méritent mieux qu’une attention sporadique et pour certains, opportuniste. Ils ont besoin que notre Europe, masquée par le millefeuille administratif français, devienne claire, lisible, accessible. Comment ne pas s’étonner sinon d’un euroscepticisme grandissant ? La montée écrasante des partis d’extrême droite ne fait que confirmer ce constat amer : les ruralités s’égosillent en choisissant des interlocuteurs qui prétendent l’écouter et lui proposer des solutions. Quand lui montrerons-nous, nous les républicains, modérés et pro-européens, que nous l’écoutons ? Des solutions existent, mais ne sont pas misent en œuvre.  

Si nous voulons vraiment une Europe proche de ses citoyens, il est impératif que la France prenne enfin en main la gestion des fonds européens de manière efficace et transparente. Cela devra indéniablement passer par une simplification de la gestion des fonds. Comment justifier des programmes qui passent par plus de six niveaux différents avant d’atterrir sur le terrain ? Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons mettre fin à ce cycle absurde où, tous les cinq ans, nous nous retrouvons à faire les mêmes constats et à formuler les mêmes attentes. Il revient aussi, à toutes les parties prenantes impliquées dans l’Europe du terrain de montrer haut et fort ce qu’elle fait, et ce que les Français perdraient si elle venait à disparaître.

Pour ma part, je continuerai à parler d’Europe des Territoires, à LEADER France, à l’Association des Maires de France, mais aussi au Comité Européen des Régions en préparant, cet automne, un avis d’initiative sur la vision à long des termes des zones rurales dans l’Union Européenne.